OCTOBRE OSE | EXPOSITION "Échec et mat au cancer du sein" du 1er au 31 octobre - ©2026 Stéphane Poupin postgraph.fr

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Ci-dessous, aperçu en basse définition de la double page de son témoignage intégral et des photos du livre


AURÉ - Deux-Sèvres - 48 ans, mariée, trois enfants :
« Par quoi commencer ?… » Les premiers mots d’Auré qui remonte le temps jusqu’en 2012, elle n’a que 34 ans et découvre qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Elle commence donc par se raconter et déjà l’émotion la submerge, ses yeux sont brillants de larmes… L’évocation de ses trois jeunes enfants qui ont à l’époque respectivement trois, six et neuf ans lui rappelle le chemin parcouru.

« Je sens une grosseur et, en juin, je vais consulter ma médecin. Elle diagnostique un probable fibrome, mon jeune âge la confortant dans son analyse. Toutefois, elle me prescrit une mammographie. Et lors de cet examen, la manipulatrice tient aussi un langage rassurant malgré des propos inadaptés :
- N’importe quoi ! On ne fait pas passer une mammographie à une femme de 34 ans pour un fibrome...
Par contre, la médecin, après une longue absence, n’arrive pas à lire correctement les clichés et propose une échographie dans la foulée. Après une nouvelle attente interminable elle revient et, devant la difficulté à lire aussi ce nouvel examen, elle m’explique, rassurante, qu’avec l’accord téléphonique de ma médecin, elle va pratiquer une biopsie pour lever toute ambiguïté. »

Ce qui est pris pour de "l’ultra précaution" va vite se transformer en cauchemar. Trois semaines plus tard, mi-juillet, les résultats confirment la présence d’un cancer et Auré s’effondre, c’est un black-out, elle n’entend plus rien. Heureusement, son mari présent lors de cette consultation reste très pragmatique et prend les choses en main. Tout va très vite s’enchaîner. Dès le lendemain, elle a rendez-vous à l’ICO d’Angers, il faut s’adapter dans l’urgence, mettre les enfants en garde et modifier nos plannings. Le chirurgien est plutôt brutal dans l’annonce et reste très technique, avec des termes qu’Auré a du mal à saisir. Néanmoins, elle se retrouve en salle d’opération le jour suivant pour une tumorectomie et l’ablation de trois ganglions.
L’oncologue va finalement lui expliquer :
- Vous avez un cancer de type 3, grade 3 et il est infiltrant, agressif et hormonodépendant.
- OK, mais je ne sais pas ce que tout ça veut dire ?
- Vous allez devoir être soignée par de la chimio, des rayons et de l’hormonothérapie. Mais au vu du stade avancé de votre cancer, mettez vos affaires en ordre.

« Quand vous avez 34 ans et trois enfants, c’est compliqué mais je ne me rends pas vraiment compte de l’ampleur de ce qu’il me dit. Je n’ai pas le temps de réagir, je suis comme aspirée. Implantation du cathéter, ce corps étranger et, à peine cicatrisée, j’entame une première chimiothérapie.
On me dit alors qu’il faut repasser sur "le billard" pour enlever toute la chaîne ganglionnaire infectée ! Puis les chimiothérapies se suivent avec leurs lots d’effets indésirables, beaucoup moins maîtrisés que ceux des chimios actuelles, et j’arrive en fin d’année après six mois de traitements où je ne vois rien… Mon entourage, ma famille, mes enfants, chacun se gère et mon mari gère la situation en chef d’orchestre. »

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