HÉLÈNE - Vendée - 51 ans, mariée, deux enfants :
Hélène me confie que sa maman a eu un cancer du sein à l’âge de 48 ans et donc, avec ce facteur héréditaire, elle a régulièrement des mammographies. En 2022, elle constate sur son sein droit, un téton qui rentre. Naturellement, elle se tourne vers sa mère pour évoquer cette "anomalie". Elle lui conseille de se faire examiner. Une mammographie qui ne révèlera rien d’anormal.
Septembre 2024, elle ressent des douleurs avec le téton dur et une sensation d’inflammation. La gynécologue consultée est rassurante :
- Sans doute une bactérie infiltrée suite à votre téton "abîmé" par des allaitements antérieurs et peut-être un petit kyste ? Je vous propose une échographie, pas de mammographie, ce serait trop douloureux.
Plutôt confiante, Hélène laisse le temps passer d’autant plus que son rendez-vous pour cet examen n’est programmé que 10 mois plus tard, faute de place !
« J’avais décidé de voir avec mon médecin traitant si je pouvais bénéficier malgré tout d’une mammographie. En juillet, je rencontre mon ancienne gynécologue retraitée qui, devant l’état de mon sein, me dit d’aller consulter en urgence mon médecin pour faire une mammographie. Il est vrai que j’avais de plus en plus mal. Dès le jour suivant, un mardi, ce dernier rédige l’ordonnance et j’obtiens une place pour le vendredi. »
Elle poursuit son récit :
« Le radiologue confirme que l’examen révèle une forte suspicion qu’il valide à l’examen des ganglions. Son visage s’est décomposé, et j’ai compris que ce n’était pas terrible : un cancer. Étrangement ça m’a "glissé" dessus. J’avais presque envie de lui prendre la main pour le rassurer et lui expliquer que c’était le destin… La seule chose qui m’inquiétait c’était que je pouvais avoir des métastases partout dans le corps. Très réactif, avant de partir pour ses vacances d’été, il se démène pour que je puisse passer un scanner rapidement.
Le scanner thoracique aura finalement lieu dès le mercredi suivant et ne mettra pas en évidence des métastases. Mais, entre temps, je me suis retrouvée face à mon fils aîné âgé de 16 ans et j’ai voulu échanger avec lui, peut-être un peu brutalement. Je lui ai annoncé que j’avais un cancer avec les ganglions atteints et donc potentiellement des métastases partout que, peut-être allais-je mourir, mais que désormais il était en âge de voler de ses propres ailes ! »
Hélène redoutait de devoir élever ses enfants trop jeunes avec la contrainte des soins liés à une maladie. Elle avait connu deux de ses amies confrontées à ce mode de vie pendant dix ans, et se sentait "soulagée" de ne pas devoir subir ce parcours. Une angoisse ancrée en elle et dont elle se libérait. Elle explique à son fils :
« T’as 16 ans, si je te dis un truc, tu fais comme tu veux quand même. Bientôt tu ne m’écouteras plus. Donc, si je dois mourir, je serai ton "ange gardien" et je guiderai le chemin que tu seras obligé de suivre. Je te serai beaucoup plus utile, plutôt que d’être là, ta mère que tu ne verras que de temps en temps et qui te gonfleras ! Je le sentais cool, mais il revient me voir un peu plus tard et me dit :
- Maman, t’as pas envie de me voir sur la plage dans mon uniforme en tant que sauveteur en mer (il suit cette formation, un rêve d’enfant) ? T’as pas envie de connaître ma femme ?
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