AURÉLIE - Deux-Sèvres - 41 ans, mariée, cinq enfants :
Un matin d’hiver 2023, un peu trop pressée comme beaucoup de maman de famille nombreuse, sa fille de 4 ans renverse son bol de lait et en voulant rattraper le coup, Aurélie se cogne le sein dans le coin de la table. Six mois passent mais la douleur persiste ! Elle se décide enfin à consulter. Tout de suite, le médecin lui prescrit une mammographie et une échographie. Le dossier est directement envoyé à Angers. Aurélie fait confiance à son instinct et sent que ce n’est pas bon signe.
D’ailleurs, à l’hôpital où elle est convoquée, on lui passe une nouvelle mammographie, puis on lui pratique une biopsie.
« Je redoutais de recevoir les résultats avant l’anniversaire de ma fille le 26 mai… Hélas, ils sont tombés la veille. Cancer triple négatif, stade 3. "Joyeux anniversaire ma fille ! "
Comment expliquer ça à mes enfants et surtout la plus jeune ? Tout va alors très vite ! Avec mon mari, on décide de ne rien dire en attendant d’avoir tous les résultats et le protocole. Le jour de l’anniversaire de mon fils, le 9 juillet 2024, c’est la pose du cathéter. Et première chimio le 27 juillet, un an jour pour jour après avoir enterré mon père !
Une première chimio pas très agréable, on m’avait pourtant bien prévenue, mais j’avais vécu cinq grossesses sans nausées, je me sentais au-dessus de tout ça. Et puis un matin, pendant la douche, les premiers cheveux qui tombent par mèches entières... »
Aurélie demande à son mari de l’emmener chez le coiffeur aussitôt. Après une négociation sans appel : la coiffeuse doit lui fait une coupe très courte.
- Écoutez, de toute façon, clairement je vais les perdre, donc coupez !
Ce n’est que quelques jours plus tard qu’un matin au réveil elle constate que son crâne est chauve d’un seul côté. La tondeuse va devoir faire ce qu’elle redoutait : sa voisine va l’aider à surmonter cette étape. Son mari ne supporte pas cette vision d’un crâne nu. Son fils de 13 ans :
- Maman, moi aussi je veux me tondre les cheveux !
Aurélie fait une pause, la douleur du moment lui fait couler quelques larmes qu’elle essuie avec pudeur.
« C’est compliqué ! Et puis, pendant toute la durée des chimios, j’ai été très malade, au point de perdre 12 kg. J’ai eu des perfusions de compléments alimentaires, je n’arrivais plus à manger, je vomissais tout le temps... Deux premières chimios espacées de trois semaines puis, à partir de mi-août, une toutes les semaines jusqu’en décembre.
Avec mon mari, qui travaillait de nuit, nous avons jonglé pour préserver la vie de famille de nos quatre enfants. J’aurais aimé pouvoir dormir longtemps le matin, je devais assumer. Aujourd’hui je suis fière d’avoir tenu mon rôle de maman, même si j’ai délégué certaines tâches plus difficiles. Mon corps était trop faible pour pouvoir les accompagner à pied à l’école tous les matins par exemple. »
Mais le sort s’acharne sur elle. Lors d’un TEP-scan de contrôle, la petite tumeur décelée au cerveau prend de l’ampleur. C’est un deuxième combat qui s’annonce en parallèle. Le neurochirurgien constate que cette masse fait pratiquement 5cm. D’où les migraines et autres vomissements excessifs. Une évolution qu’il faut stopper. Elle a six mois pour réfléchir, avec son mari, afin de prendre la décision d’une ablation de cette tumeur. Ce qu’ils confirmeront.
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