LAURENCE - Deux-Sèvres - 54 ans, divorcée, quatre enfants
Fervente sportive et footballeuse active, en début d’année 2014, dans les douches en fin de match, Laurence explique avoir une grosseur sur son sein gauche mais ses partenaires de jeu pensent plutôt à un kyste graisseux et à aucun moment il est question d’aller consulter.
Deux mois plus tard, invitée à faire un bilan de santé CPAM avec une amie, elles se rendent à Niort dans une ambiance plutôt détendue. Sur place, c’est la déconvenue, bilan sanguin mauvais, analyse d’urine mauvaise et lors du dernier examen dédié à la palpation, le médecin lui fait prendre conscience du volume important de la masse présente à gauche. Effectivement elle a déjà doublé de volume. Il rédige un courrier pour une consultation gynécologique en urgence. Elle commente :
- Sur le chemin du retour, dans la voiture, je sens que j’ai déjà un pied dedans et, sur les conseils du médecin, j’appelle l’hôpital de Bressuire qui me propose un rendez-vous dans la semaine.
« Je me rends au centre, accompagné de mon mari et c’est là que je vis une torture.À la mammographie on m’écrase le sein dans tous les sens du terme, on me laisse torse nu à attendre la radiothérapeute puis, lorsqu’elle affiche la radio, je vois directement cette masse et je suis effondrée. L’échographie est également catastrophique et confirme cette masse anormale. Je m’effondre à nouveau et je dois retourner dès le lendemain pour une biopsie. Nous sommes le 17 avril et j’aurai les résultats le 19 mai. »
« Le 17 mai, jour de mon anniversaire, je fais un match de foot extraordinaire, le dernier de la saison. Au fond de moi je sais que j’ai un cancer, mais je ne dis rien, je pense que ça va être "terrible" ce moment de l’annonce. Il n’y a que ma sœur et mes beaux-parents qui connaissent mon parcours. Le gynécologue nous pose le mot "cancer" froidement lors de la consultation du 19. Il ne faut pas perdre de temps, la tumeur mesure 4 cm de diamètre. Nous sommes redirigés sur Poitiers. Cancer du sein gauche multifocal de type canalaire infiltrant, SBR III, RH-, HER2 3+. Je suis à ramasser à la cuillère et mon mari n’est plus là ! Je l’ai perdu. »
Le gynécologue le regarde et lui dit :
- Monsieur, vous êtes dans le même bateau que votre femme, et elle va vraiment avoir besoin de vous.
La nuit j’adresse à toute ma famille et mes amis proches un message ou je fais cette annonce brutale de la découverte de ma maladie : un cancer du sein stade 3. Je me souviens avoir rêvé de mon enterrement, d’avoir pu choisir mes textes, même les lecteurs, d’avoir eu envie d’entendre ces textes
Vient alors le moment de l’annoncer à nos trois garçons. L’aîné est en seconde, l’autre en primaire et le dernier en maternelle. Néanmoins, je trouve les mots et le plus grand comprend l’enjeu :
- Maman, j’ai compris que tu as un cancer, et vas-tu en guérir ?
Laurence poursuit son témoignage en sanglots :
- Bien sûr que je vais en guérir, de toute façon il faut faire confiance aux médecins, je n’ai pas le choix.
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