"JULIE" - Deux-Sèvres - 40 ans, mariée, deux enfants :
Happée par son travail qui la passionne, Julie ne prête pas trop attention à une grosseur dans son sein droit. Pourtant, elle sait qu’elle est porteuse d’une mutation génétique qui la rend plus vulnérable au cancer du sein et des ovaires. Malgré tout, sans antécédent de cancer du sein dans sa famille, elle se sent moins "concernée". Nous sommes en 2021.
Durant l’été, lors d’examens de contrôle programmés à Poitiers, IRM, mammographie et échographie, elle fait part au médecin de son "kyste" ressenti et visible.
Les premières images ne montrent pas un kyste mais plusieurs tumeurs dont 2 grosses, le staff médical lui propose de faire aussitôt une biopsie. De retour dans sa voiture, elle appelle son mari :
- Ils m’ont fait une biopsie, ça "sent" mauvais, je ne le sens pas...
Son premier mot sort instinctivement avant de poursuivre « Oh merde, euh… mais non ce n’est peut-être rien... ! »
« Nous partons tout de même en vacances. Suite à un appel de la secrétaire puis d’un médecin remplaçant, bien que mes résultats ne puissent pas m’être donnés par téléphone, j’ai compris que ce n’était pas anodin.
Dès le retour, je dois enchaîner sur des examens complémentaires à Poitiers. En effet, je reçois une convocation pour une consultation avec l’oncologue au courrier le lundi midi pour un rendez-vous le matin même ! L’oncologue me téléphone pour savoir pour quelle raison je n’étais pas présente à la consultation "d’annonce". Je lui réponds que je ne suis pas informée de ce rendez-vous. Il est rassurant et transfère mon dossier à un confrère que je rencontre dès le mercredi, permettant ainsi à mon mari de m’accompagner. Ce courrier reçu tardivement m’a permis de rencontrer cet autre oncologue avec qui je me suis très bien entendue. »
« Finalement, depuis la première biopsie jusqu’à la fin du protocole, j’ai eu la chance de faire de belles rencontres avec des professionnels impliqués. Il n’y a pas de hasard, je pense avoir une bonne étoile au-dessus de ma tête. »
Allusion à peine masquée de la perte d’un être proche...
« Il fallait "taper" vite. J’étais en stade 3 en seulement 4 mois à cause des mutations génétiques. Lors de la consultation, j’avais l’impression de glisser de mon siège et de devenir un tapis au sol : 4 chimios fortes tous les 15 jours puis 12 autres chimios toutes les semaines, ablation des deux seins (en préventif le second à cause de cette mutation) puis radiothérapie et enfin traitement sur du long terme pour affecter la génétique. Dès le lendemain, je commence ma première chimio en intraveineuse. Nous sommes en septembre. »
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