OCTOBRE OSE | EXPOSITION "Échec et mat au cancer du sein" du 1er au 31 octobre - ©2026 Stéphane Poupin postgraph.fr

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Ci-dessous, aperçu en basse définition de la double page de son témoignage intégral et des photos du livre


NATALIA - Vendée - 57 ans, mariée, deux enfants :
Alors qu'elle n'est encore qu'une jeune étudiante de 22 ans, Natalia se trouve confrontée à une tumeur grossissante dans son sein droit.

En 1989, dans son pays, la Moldavie, la proximité de la ville de Tchernobyl (600 km) fait exploser les statistiques des cancers. C'est pourtant pour une douleur persistante au ventre qu'elle décide de se rendre dans l'un des hôpitaux de la capitale, Chişinău. Dans sa chambre, une discussion avec sa voisine la sensibilise à la palpation et surtout au dépistage.
Natalia détecte alors une grosseur sur l'un de ses seins et décide de se rendre à l'institut oncologique pour consulter.

« Je suis juste rentrée dans la salle d'attente et c'est alors que j'entends, depuis la pièce voisine, la conversation d'une femme médecin qui s'adresse à son jeune collègue : elle vient de réaliser une ponction et lui explique que le liquide a littéralement explosé et de multiples éclaboussures ont souillé ses vêtements et le champ opératoire. Je suis tétanisée et, lorsque mon tour arrive, j'indique au médecin que je pense revenir plus tard... »

Son interlocuteur comprend et parvient à la rassurer en lui expliquant que la fréquence des prélèvements est telle que parfois ce genre d'accident peut arriver. Cet échange entre collègues est rarement aussi explicite et, surtout, relève d'une conversation privée qu'elle n'aurait pas dû entendre... Mais ce type de ponction est sans douleur et elle doit lui faire confiance.

« Effectivement, je n'ai pas ressenti la moindre douleur intolérable, malgré une aiguille bien trop grande à mon goût! Après ce prélèvement, il remplit mon dossier et m'indique un étage supérieur dans l'établissement où je dois prendre rendez-vous avec le chirurgien qui pratiquera l'ablation de la tumeur.
Le chirurgien est un homme âgé, un "papi" et il devine mon étonnement. Juif d'origine, mais ayant passé toute sa vie en Moldavie, il a décidé de rester ici contrairement à beaucoup de ses compatriotes qui font le choix d'un retour en Israël. Il continue donc d'exercer sa profession et me propose une date dans la semaine qui suit. C'est à ce moment que j'aperçois la notion de "tumeur maligne" sur mon dossier. Je lui demande donc de m'expliquer car je veux absolument connaître la vérité, même si elle est douloureuse à entendre :
- Je ne sais pas madame, c'est un peu la roulette russe. Il faudra attendre les résultats du prélèvement, c'est pourquoi je vous propose d'enlever rapidement votre grosseur. »

La semaine suivante, le jour de l'opération, elle se présente seule, sa famille n'est pas dans la confidence et son jeune ami de l'époque s'est éloigné définitivement à l'annonce d'un potentiel cancer. Elle a lu dans ses yeux un rejet, une peur. Elle s'est sentie pestiférée. Dans le bloc opératoire, sous anesthésie locale, elle contrôle visuellement l'intervention en regardant le réflecteur en inox qui lui renvoie l'image presque comme un écran.

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