Fatima me reçoit avec une petite tisane au coin de la table de cuisine. Elle a du mal à trouver ses mots pour raconter son histoire. Puis elle se lance :
- Alors mon cancer ...
« J’ai découvert mon cancer en 2019. Ma sœur a eu un cancer du sein en 2017, l’année suivante, c’est une de mes cousines qui déclare elle aussi un cancer du sein. En juillet 2018, après que ma sœur m’ait fortement conseillé de passer une mammographie, je décide de prendre un rendez-vous. Le radiologue ne détecte pas d’anomalie mais préfère effectuer une seconde vérification six mois plus tard pour contrôler des microcalcifications et des kystes souvent bénins. »
Effectivement, en début d’année suivante, avec la seconde mammographie, le parcours du combattant commence : le radiologue oriente Fatima vers son gynécologue en raison de l’augmentation des microcalcifications sur le sein droit. Celui-ci lui prescrit une biopsie à l’hôpital de Poitiers. La biopsie est réalisée mais elle doit y retourner pour un second prélèvement. Et lors de la consultation elle se retrouve face à un médecin qui ne prend pas de "gants" pour lui annoncer brutalement :
- Oui c’est bien un cancer...
Sa sœur qui l’accompagnait fond en larmes, Fatima est déboussolée, elle ne comprend pas ce qui lui arrive. Elle subit une batterie de questions auxquelles elle n’est absolument pas préparée :
- Avez-vous trouvé un chirurgien pour vous opérer ? ...Il va falloir vous enlever le sein...
Fatima est confrontée à un carcinome, son sein se transforme en "caillou" de l’intérieur. Elle va effectivement devoir subir une mastectomie totale.
« Je suis sur le "cul" et désorientée. Jusqu’à présent, aussi bien le radiologue que le gynécologue étaient bienveillants : « ... on va faire un contrôle », ils étaient plutôt dans un discours positif, rassurant. »
« Là, je me retrouve brutalement dans une autre position. Il faut que je trouve un chirurgien, qui m’oriente aussi vers un plasticien car on me parle aussi de reconstruction mammaire. On m’a proposé plusieurs options : prothèse ou reconstruction par DIEP ou lambeau qui sont des reconstructions mammaires par autogreffe. J’avais décidé que je ne voulais pas de prothèse. Je n’avais pas très envie de retourner sur une table d’opération tous les 10 ans… J’ai aussi bénéficié d’un protocole particulier de recherche avec la conservation de mon téton mamelon et avec un suivi obligatoire pendant cinq ans puisque celui-ci n’était pas atteint. »
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